Effet cocktail party
30 janvier, je regarde distraitement le 1250 sur M6 en avalant rapidement mon déjeuner.
Soudain, une question de la journaliste me fait sursauter :
Comment limiter les mauvaises notes des élèves ?
C’est encore là une manifestation de l’effet cocktail party, mais dès que j’entends parler d’éducation, mon oreille se dresse…
Alors, vous la connaissez, vous, la recette pour que les élèves aient tous de bonnes notes ?
Et bien c’est très simple, nous dit la journaliste, mais il fallait y penser :
Il suffit pour cela de distribuer les sujets des contrôles aux élèves à l'avance.
Une mesure adoptée déjà par 500 professeurs et dont bénéficient à ce jour 15000 élèves.
Objectif de l’opération : redonner confiance aux mauvais élèves et limiter le stress des élèves en difficulté J



Et est-ce réellement efficace?
Rédigé par:Philippe | le mercredi 08 février 2006 à 10:56
Personnellement, je n'ai pas testé. Mais dans la discipline que j'enseigne, cela n'aurait en réalité pas beaucoup de sens et je ne suis pas certaine d'ailleurs que cela aurait un effet sur le stress des élèves. Pour répondre à ta question, il faudrait que des études sérieuses soient faites sur le sujet, ce qui ne peut se faire que sur le long terme. J'ai cependant la vague impression qu'en donnant les questions à l'avance, on valorise le travail de mémorisation au détriment de la réflexion. Dans certains cas, cela se justifie, notemment dans les domaines où il est question justement de mémoriser les informations. En revanche, on se trompe en faisant croire aux élèves que toute question a une solution toute faite, et qu'il s'agit d'avoir la question à l'avance pour pouvoir y répondre correctement.
Rédigé par:Steph | le mercredi 08 février 2006 à 17:48
Et cela peut recréer une inégalité entre ceux qui peuvent préparer et mémoriser, et ceux qui ne le peuvent pas. Et, à mon avis, l'enseignant (en histoire, géographie, français, philo) devient alors naturellement plus exigeant du fait qu'il a donné les questions avant...
Rédigé par:Philippe. | le vendredi 10 février 2006 à 10:46
Merci pour cette précision, à laquelle je n'avais pas pensé. D'autant que certains élèves peuvent bénéficier à la maison d'une aide réelle de leurs parents ou de professeurs particuliers, alors que d'autres sont seuls face à la difficulté. Mais au-delà de cela, la question que je me pose est celle de savoir si cette méthode (testée par 500 enseignants) est efficace : permet-elle vraiment à l'élève de progresser ? Favorise-t-elle son apprentissage ? De ce point de vue, cette expériementation est intéressante puisqu'elle nous permettra de répondre à cette question.
Rédigé par:Steph | le lundi 13 février 2006 à 11:06
Et que dire d'un sujet, ou à une même question, il peut y avoir une réponse différente suivant le cas que l'on analyse ? Je suis obligé, dans mes activités professionnelles, de me confronter à cet état de fait. Seule, la démarche d'analyse reste toujours la même. Le support d'activité, en changeant, nous emmene à des réponses différentes. C'est peut être ça, le choix de la différences. C'est aussi le rôle de l'éducation nationale de cultiver ce besoin, cet état...
Rédigé par:Burntroll | le vendredi 03 mars 2006 à 16:40