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lundi 13 février 2006

Commentaires

claire latxague

"Ainsi, penser que se donner la mort est un remède à la souffrance, c’est avoir une croyance dont la véracité est loin d’être établie." Mais, si l'on ne sait rien de cette mort, de ses conséquences, n'est-on pas en droit de formuler une autre hypothèse : une "bonne" mort ne serait-elle pas celle que l'on se choisit, à un certain moment de notre vie ? On pourrait penser, puisque nous n'en savons rien, que ceux qui attendent que leur corps affaibli se détraque et meure sont dans une attitude passive qui les rend victimes de l'imperfection de leur corps tandis que celui qui, après réflexion, décide du moment où il se pense en droit de se donner la mort, fait usage de sa raison. Je ne parle plus, ici, exactement de suicide après une longue dépression, mais plutôt d'une euthanasie active qui serait la dernière décision de notre vie. Peut-être me répondrez-vous qu'il serait plus humble de ne pas se juger détenteur de connaissances suffisantes pour s'ôter la vie dont nous n'avons pas non plus été les créateurs. Mais imaginer que la mort puisse être une décision de chacun, qu'elle puisse même être partagée avec ses proches comme une préparation, est une idée qui me plaît. Est-ce parce que j'ai 23 ans et que je ne m'imagine pas encore devenir un poids pour les plus jeunes qui m'entoureront quand je serai vieille ou que la possibilité de tomber dans la sénilité et la dépendence m'effraie ? Je crois que l'année dernière un livre a été publié à propos de la mort délibérée de la mère de son auteur (autrice ?), je ne l'ai pas lu, quelqu'un peut-il en parler ?

Elodie

Le livre dont je pense que vous faites référence est; La dernière leçon, de Noëlle Châtelet (Ed. du Seuil). Je n'ai lu que des extraits de ce livre, mais c'est une vraie leçon de courage et de dignité. Cette femme qui a eu une vie très remplie, faite de voyages et de projets humanitaires, a choisi librement a 92 ans, d'affronter la mort et de ne pas représenter une charge pour sa famille. Je pense effectivement que cela n'a rien à voir avec un suicide, et qu'il ne faut pas confondre le fait que certaines personnes choisissent la mort parce qu'elles pensent échapper à la vie, et à leur responsabilités et le fait que certaines personnes en fin de vie, après avoir démontré du courage, de l'énergie, et de la sagesse, choisissent la mort pour justement ne pas être dépendante de son attente...Même si ce dernier cas est mal compris à l’heure actuelle.

Steph

La question de l'euthanasie, puisque c'est bien de cela dont vous parlez, me semble en effet devoir être distinguée de celle du suicide. Dans le cas de l'euthanasie active, il s'agit de mettre fin à une souffrance "vaine" si l'on peut dire, en ce sens où il s'agit d'une longue torture qui n'est que le prélude à une mort certaine. Et je ne vois pas, en effet, quelle humanité il y aurait à ne pas l'abréger.

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