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lundi 06 mars 2006

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Voici les sites qui parlent de Insulte, plaisanterie, agression verbale : où sont les frontières ? :

Commentaires

Mille Pattes

Sanction si ça c'est déroulé dans l'établissement c'est évident avec au mieux l'accompagnement et les explications mais on n'a pas toujours le temps il faut admettre.

kristaristeau

Ce jeune homme ne sait pas de quoi il parle. On lui a expliqué, ou il l'a entendu, ou il s'est laissé entende que c'est ainsi que ça se passe, or, ce n'est pas ainsi que cela se passe. Ni "sodomiser", ni "baiser". On lui a laissé entendre que l'étreinte sexuelle se passe en dehors de toute tendresse, affection, respect et écoute de soi et de l'autre, que l'amour est une chose unisexuelle.
En conséquence, tout est à revoir, et à expliquer correctement.
Mais, moi je pense (moi) que les éducateurs ont les mêmes fantasmes, dérogations au raprochement des corps, alors quoi faire ?
Le cadre dans lequel on présente le raporchement amoureux est celui de la société en général, c'est dans ce cadre que l'on montre l'amour ; de plus il n'est pas possible aux adolescents d'expérimenter par eux-mêmes, de discuter par eux-mêmes de ce problème qui a été rendu pour eux inextringuible.
Comme la rivière fait son lit, elle se couche.

Alinet

Tout d'abord, merci de m'avoir fait découvrir ton excellent site. Le témoignage de ton ancien élève est dur et révoltant... et ne m'étonne guère hélas puisqu'il est arrivé la même chose à Toulouse à un ami à moi (sauf qu'il a eu la chance de ne pas se faire taper, lui). Le Monde à l'Envers en effet!!

Pour le cas de ce jeune homme, je pense qu'il faudrait lui donner une heure de "reflexion" sur ses paroles et leur impact... Il pourra ensuite expliquer en quoi cela est dérangeant en quelques lignes, non?

Par contre, "Mais, moi je pense (moi) que les éducateurs ont les mêmes fantasmes, dérogations au raprochement des corps, alors quoi faire ?
Le cadre dans lequel on présente le raporchement amoureux est celui de la société en général, c'est dans ce cadre que l'on montre l'amour ; de plus il n'est pas possible aux adolescents d'expérimenter par eux-mêmes, de discuter par eux-mêmes de ce problème qui a été rendu pour eux inextringuible.
Comme la rivière fait son lit, elle se couche.", j'ai rien compris Kristaristeau là!!

Steph

Et pourquoi ne pas faire réfléchir également cette jeune fille à ce qu'elle est en droit d'exiger des autres (notemment des garçons) en termes de respect ? Car le fait de rire de ce qu'elle a sans doute perçu comme une blague montre qu'elle n'a pas bien compris qu'il y a des plaisanteries déplacées, dont il n'y a tout simplement pas à rire.

Jerome

Je découvre ce blog par Embruns.net, qui a lié l'effrayant témoignage sur la Bac 95. Merci !

Je suis plutôt d'accord avec Steph et Mille Pattes :
- convoquer les deux
- sanction immédiate pour le garçon : il y a des choses qu'on n'a pas le droit de dire, par respect pour l'autre. Ca s'appelle la politesse, la courtoisie, la décence, tout ce que vous voulez.
- informer aussi les parents du garçon, responsables de son éducation
- question à la fille : pourquoi as-tu ri ? est-ce que tu sais ce dont tu as ri ? si elle le sait, "trouves-tu normal de rire de cela ?". Si elle ne le sait pas, ca va devenir plus compliqué : comment expliquer une pratique sexuelle, légitime dans l'intimité pour peu que les partenaires soient d'accord, bien que chargée hors intimité de significations très agressives, à des élèves de 14 ans... ?
- les faire réfléchir tous les deux aux notions de respect. Par ex., demander à chacun ce qu'il trouverait insultant qu'on lui dise, même en plaisantant, et travailler à partir de là : si tu refuses d'entendre certaines choses, alors accepte qu'il en soit de même, et sur des choses différentes, pour l'autre.

Enfin bon, c'est juste ma vision personnelle du bon sens, je ne suis pas enseignant ni parent :)

kristaristeau

Ce n'est CETTE jeune fille, CE garçon qu'il faut apporter à réfléchir, c'est l'ensemble des garçons et des filles qu'ils faut porter à parler ensemble à ce qu'ils désirent, se représentent l'un de l'autre : la tristesse c'est la séparation des gens, et c'est cette séparation qui fait qu'ils ne se comprennent pas entre eux, s'imaginent des trucs délitrants les uns de sautres. Des expériences ont été menées en ce sens et il a tout de suite été constaté que l'agressivité entre les sexes s'amoindrit dans une très grande mesure : abandon faute de moyen.
On peut ne pas être d'accord les uns les autres, mais ce "respect" que nous désirons tous, l'aurons nous par la prise de tête, un(e) à un(e) ?
Culpabiliser ne fait que renforcer cette culpabilité qui est entretenue par ce SILENCE des êtres, entretenu par le bruit de cette société vide, car cette culpabilté tient sur des fantaisies que l'on a sur l'autre, du fait qu'on ne le connait pas cet autre, le tout généré par un désir incoersible.
Et puis, comment apprendre à respecter lorsque l'on n'est pas soi-même respecté ? Ce garçon ne respect pas (intimement) cette jeune fille parce qu'il ne sait pas ce qu'est le respect, et le respect n'est pas seulement de ressort de l'instructtion mais bien plutôt de l'exemple. Et là encore notre société faillit.
Et elle continuera de faillir de pire ne pire en continuant d'utiliser les coups.

Jerome

> Kristaristeau : Exact pour la possibilité d'une extension à toute la classe, c'est une bonne idée.
D'accord pour dire que la séparation entraîne la violence.
Mais.
Je n'ai jamais vu ça comme une prise de "tête à tête", au contraire, plutôt comme le fait de faire travailler les deux ensemble sur un sujet commun, ce qui rapproche. Peut-être l'ai-je mal exprimé.
Pas du tout d'accord sur la suite : éduquer sans notion de culpabilité est impossible - à un moment, il faut bien faire savoir que l'autre franchit la ligne et que c'est "mal" aux yeux de la société du moment.
"Violence incoercible" ? Je ne crois pas. Violence oui - c'est la nature humaine. Mais coercible : c'est la culture qui le permet (au sens large).
"Comment apprendre à respecter quand on ne l'est pas?" : peut-être en vertu de vieux machins comme "ne pas faire à autrui ce que l'on n'aimerait pas qu'il nous fasse" ? Ce n'est certes pas facile.
Et d'accord pour dire que l'instruction seule ne suffit pas, il faut aussi l'exemplarité.
Finalement, je reste un soupçon plus optimiste : le pire n'est pas certain.

Steph

@Jérome : Je découvre tes deux commentaires et partage entièrement ton point de vue. Il est certain que l'exemplarité est un facteur essentiel tout comme le fait de prendre la peine de préciser aux plus jeunes ce que la communauté humaine attend d'eux. Merci d'avoir si bien exprimé des idées qui étaient encore un peu floues dans mon esprit.

Samira

Je suis complétement pour la sanction de ce genre de propos...Ceci dit, la réaction de la jeune fille ne semble pas correspondre à ce dont on pourrait s'attendre. Il aurait fallu lui expliquer que ce n'est pas une façon "correcte" de s'adresser en public (d'ailleurs même en privée...)de cette manière. Il n'y a rien de drôle même si elle a manifesté une certaine gêne (encore heureux!). Ce qui a été dit est certes inadmissible mais il faut tout de même réagir. Il n'est pas normal que seule la prof en question ait été choquée...Je dois avouer que je n'arrive pas à comprendre pourquoi la jeune fille n'a pas manifesté de la colère à l'égard de X...Pour le coup, on peut parler de manque de respect et la non réaction (à part un rire genée) au propos tenu n'empechera pas d'autres abus verbaux. Si la jeune fille s'est sentie flattée par ce genre de propos: alors là, je ne comprendrai définitivement pas...Beaucoup pensent que seuls les adultes peuvent être sensibles à ce genre de propos et que nous, "la nouvelle génération", serions plus "tolérents"...Je pense que certaines valeurs comme le respect d'autrui sont communes à tous quelques soient les générations, l'origine etc...

flo

J'ai l'impression qu'il y a totale méprise sur le "rire" de lajeune fille. Comme si on considétait qu'elle est redevable d'une acceptation de la violence verbale (car c'en est une, et il faudrait être naïf pour s'imaginer que son auteur n'es t pas conscient du raport de domination que son discours institue : parlerait-il ainsi à un camarade masculin mesurant 1,80M ? probablement pas...). C'est tout le contraire à mon avis : le "rire" fonctionne comme un "calmer le jeu", un "faire profil bas", une manifestation d'évitement. C'est une mimique de crainte et de conciliation à la fois, symboliquement la victime marque sa non opposition. Je ne dis pas que ce soit la "bonne" attitude, notez bien. Mais c'est tout simplement lattitude de celui ou celle qui ne se sent pas e nmesure de répondre sur le même ton. Ainsi, bien des femmes se contentent de dire merci et de sourire quand un mec les aborde dans la rue avec un propos sur leur "joli physique", elles disent "non merci" devant une proposition sexuelle plus ou moins voilée. Consentantes d'une certaine manière ? Non, prudentes. Répondre sur le même registre débouche parfois sur de graves violences, verbales ou physiques. La jeune fille dans la conversation relatée se situe dans la logique du moins pire, tout simplement. Et ce n'est que le signe révélateur de la pression exercée.

Yoxigen

Quel consensus dans les réponses...

kristaristeau

Merci Flo !
Nous vivons dans un monde de mec, phalique (sans qu'il sache à quoi celà correspond, c'est inconscient) duquel le féminin doit se protéger, s'y intégrer, s'y mouler même.
(Détail : j'ai parlé de "désir incoercible" pas de "violence incoercible".)
Si les tuteurs ont eu aussi l'inconscience de cet aspect matchiste de notre société, la réponse qu'ils vont apporter à ce problème n'ira pas dans le sens adéquate qui est de supprimer ce machiste de sorte que les DEUX sexes puissent sans crainte vivent ensembles.

J'ai troouvé un article ici :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-748325,0.html

flo

Je comprends ce que tu veux dire, mais il y a un point sur lequel je ne suis pas tout-à-fait d'accord. Dans ce type de situation, il n'y a pas de désir. C'est la volonté de domination qui est exprimée dans les propos de ce garçon. S'il fait appel au registre sexuel, ce n'est que pour mieux frapper dans l'intime et couper court au discours de l'autre, la fille. On n'est pas dans une problématique de compréhension mutuelle à ce stade, parce qu'il n'y a pas de "mutualisation". Le machisme ne se situe pas dans la proposition sexuelle, mais dans la possession et la rétorsion du désir. Aussi, dans un tel cas, il ne faut pas hésiter à dire qui est fautif (fautif, non d'un désir inexistant, mais d'une agression), je crois. Attention, car parfois à trop montrer de compréhension envers les agresseurs (dans quelque domaine que ce soit d'ailleurs), on finit par minimiser et par refuser à l'agressé la reconnaissance de ce qui lui a été fait, ce qui ne fait qu'aggraver la blessure, et "légitimer" l'agression. S'il faut punir pour signifier qu'il y a des choses non admissibles et non admises, alors oui il faut savoir punir. Et dire pourquoi on punit, pourquoi on n'admet pas que.

flo

Excellent, cet article du monde. Très vrai, très finement analysé. Merci pour ce lien !

Grégoire Samsa

Je crois que le garçon dit un truc gros et provocant parce qu'il a peur de passer à l'acte, et qu'en même temps il en a très envie. Ainsi, si la fille rit de façon gênée, il aura exprimé son désir, si elle se révolte, il pourra toujours dire que "c'était de l'humour". Je ne crois pas qu'une sanction soit utile : en revanche, réfléchir en classe sur la portée des mots, sur leur impact sur l'autre, sur la conséquence des mots prononcés, ensuite, dans les relations humaines, me paraîtrait plus fructueux.

Merlin

Selon moi, la meilleure réaction aurait été de le reprendre sur le vif dans le genre:
"Ah bravo jeune homme, ça c'est de la méthode de drague bien efficace. Je suis sûr qu'elle a trouvé ça mortellement drôle."

Ou si on veut marquer le coup un peu plus, lui demander de présenter à la classe sa vision des filles et de la drague. Ca devrait lui remettre quelques idées en place... :)

pigeard jeremie

aujourdhui je me suis fait agresser verbalement de facon gratuite par une animatrice de foyer de jeune travailleur a blois je n en resterer pas la

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