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lundi 15 mai 2006

Commentaires

nathalie

Lorsque mon aîné est venu au monde, je ne l'ai pas touché pendant une heure. Je le regardai. Car, j'ai eu le sentiment vif que j'avais le bonheur d'avoir un garçon qui deviendrait un homme. L'observation me permettait de comprendre que je n'avais pas fait un enfant pour moi, nous, mais bien pour qu'il devienne un être épris de libertés. J'ai commencé alors à accomplir mes devoirs.

Delphine Dumont

Avec la contraception et la possibilité d'avoir un enfant quand on veut ou plutôt de ne pas avoir un enfant quand on ne veut pas, il est normal de considérer que l'arrivée d'un enfant se fait par choix, par désir et qu'on peut donc s'en réjouir.

La notion de devoir était beaucoup plus forte quand les mères devaient assumer tous ces enfants qui arrivaient si nombreux, si rapprochés, avec, de plus, un équipement bien moins pratique que celui que nous avons actuellement.

Cela n'empêche pas bien sûr et malheureusement, beaucoup de parents de mal vivre l'arrivée du bébé et de mal commencer cette grande histoire. S'il y a un tabou, c'est effectivement sur le fait qu'il s'agit d'une rencontre et qu'elle peut mal se passer...

nathalie

@Delphine: la notion de devoir n'est-elle pas autre chose qu'une vision des tâches quotidiennes prodiguées aux enfants?

Delphine Dumont

Nathalie > Oui et non, la notion de devoir est et n'est pas autre chose que les tâches quotidiennes. Elever un enfant, c'est subvenir à ses besoins, c'est un devoir de pourvoir à ces besoins quels qu'ils soient. Là, on est dans le quotidien et c'est l'incontournable.

Eduquer ses enfants, c'est le second aspect du devoir, mais c'est parfois, trop souvent, un luxe.

Lorsque votre enfant est né, vous l'avez contemplé, imaginé grand, bref, vous avez pris du recul. Pardon d'avance, je ne voudrais pas vous heurter, mais c'est une attitude que vous avez eu le luxe d'avoir. C'est à dire que vous avez reçu une éducation et que vous étiez dans des conditions physiques, morales et matérielles qui vous ont permis de voir au-delà du bébé que votre fils était.

Bien peu de mères ont la chance de vivre cette expérience dans de telles conditions, d'autant plus que la culture française ne place les parents, et en particulier la mère, que comme nourrissiers et ne les forment pas comme éducateurs.

En conclusion, non, bien sûr, le devoir ne se restreint pas aux tâches quotidiennes mais doit se percevoir sur la durée. Hélas, les traditions et les difficultés de nombre de parents réduisent le devoir au quotidien.

Et non, je ne suis pas normande malgré cette réponse double. ;)

MarianneKipleur

Merci pour ce post si intéressant et qui rappelle quelque chose d'essentiel : on ne fait pas l'enfant pour nous, on le fait pour lui ( on se fait plaisir en même temps, on n'est pas masos).Ma mère m'a un jour traitée de "mère indigne" car je lui disais que je considérais mes enfants comme des invités, des passants, à qui je m'efforçais de rendre le séjour agréable mais qui ne me devraient rien en échange ( ni visites ni amour, ni d'être comme moi ni d'être conformes à mon idéal ... )Résultat, bien des années après, un amour immense nous lie, mais une liberté complète sévit. Chacun est ce qu'il a voulu être. En ce qui concerne les devoirs, en éducation comme en société, il ne peut y avoir de droits s'il n'y a pas de devoirs. Devoirs des parents : éduquer et aimer,( ça ne se commande pas ? il faut assurer son choix de faire naître). Devoir des enfants : apprendre, les règles de vie en famille, les règles de vie en société ...

nathalie

Tout à fait d'accord avec Marianne. Et j'espère pouvoir comtempler mes enfants de la même façon.
Je ne suis pas heurtée par vos propos Delphine. Mais le vrai problème n'est pas là à mon sens. Les parents négligent les devoirs car ils font reposer leur édication seulement sur l'amour. Or, s'il est absolument nécessaire, il ne peut, seul, pas aider l'enfant à grandir. Et ceci quelques soient les "capacités" de l'accueil...

Merlin

Khalil Gibran, un poète chrétien libanais, a écrit dans son recueil "Le prophète":

Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit,
Parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini, et Il vous tend de Sa puissance
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l'Archer soit pour la joie;
Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime l'arc qui est stable.

nathalie

Gibran m'a bercée il y quelques années... Je vais le relire!!!

Steph

@Merlin : merci beaucoup pour ce texte. En le lisant , ça m'a rappelé que nous avons surtout le pouvoir de nous changer et très peu celui de changer les autres.

L'Abrincate

Petite contribution :
http://bboeton.wordpress.com/2006/11/21/journee-internationale-des-droits-de-lenfant-roi/

Cordialement
L'Abrincate

Jean Louis

Les sentiments, l'amour dont vous parlez nous mettent sur la voie (erronée) d'une relation particulière voire privilégiée entre l'adulte et l'enfant. Leurs ressorts, tels que vous les décrivez, sont très individuels.
L'éducation d'un enfant demande que l'on dépasse ce stade.
Au-delà du sentiment et du devoir, il y a la conscience de partager une même humanité et les mêmes besoins.
Ensuite, l'éducation consiste à apprendre comment fonctionne la société et ses valeurs à l'enfant.

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