« octobre 2006 | Accueil | décembre 2006 »

jeudi 23 novembre 2006

Etre bien habillé ou pas

Ce matin, à propos d’un texte d’Epictète (« ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les opinions qu’ils ont sur les choses… »), nous en sommes venus, ne me demandez pas par quel chemin, à la question suivante : qu’est-ce qui conduit les hommes à des comportements contraires au respect ?

Elève : C’est leur manque de connaissances.

Moi : Que voulez-vous dire exactement ?

Elève : Par exemple, l’autre jour, j’étais dans la rue, j’étais mal habillé, car j’allais à un entretien d’embauche. Y a des jeunes qui se sont moqués de moi. C’est parce qu’ils avaient pas compris que j’allais à un entretien d’embauche.

Moi (projetée sur une autre orbite) : Ah bon, vous étiez mal habillé pour aller à un entretien ?!!!!

Elève : ben oui, j’étais comme pour un entretien, j’avais pas mon jean déchiré.

lundi 20 novembre 2006

Vous avez dit Ségo ?

9782296013735 Avez-vous remarqué la tendance générale qu’il y a à désigner les femmes illustres par leur prénom ? Ségolène n’est pas la seule à y avoir droit. Il y aussi Hannah, Clara, Camille, Eléonore et bien d’autres, comme en témoigne cet ouvrage remarquable consacré à quelques figures de femmes. D’où vient que l’on parle plus facilement de Arendt en disant Hannah que de Sartre en disant Jean-Paul ? Qu’y a-t-il donc dans la féminité qui nous conduit naturellement à user du prénom là où les hommes ont droit au patronyme ? Cet usage révèle à n’en point douter une certaine image de la femme. La femme évoque la douceur, l’intimité, l’enfance également…des univers où le prénom est roi et le nom perçu comme froid et distant. Il n’est qu’à voir l’horreur qu’en ont les lycéens ! C’est pour eux un outrage d’être appelé par leur nom, alors même qu’on aura pris soin de le faire précéder d’un Monsieur ou Mademoiselle. Au lycée, j’use du nom comme d’une remontrance. Lorsque je dis Monsieur X ou Mademoisselle Y, tout est dit : je ne suis pas contente, vous m’avez déçu, et vous voilà éjecté hors du cercle des intimes…un usage plutôt étrange à la réflexion, qui montre en tous les cas combien avec les femmes, la dimension affective investit le champ éducatif et au-delà l’ensemble du champ social.

lundi 13 novembre 2006

Quand les blogs font de la politique

Dans l’univers des blogs, à quelques mois des présidentielles, il est de plus en plus question de politique. Dans tout ce brouhaha, je dois reconnaître que ma préférence va pour les vidéos.

Il y a les courtes et les tronquées, comme celle de Ségolène, et il y a les plus, voire les très longues, comme celle-ci, réalisée par Politic show : une interview approfondie de François (et oui, vous l’aurez sans doute déjà remarqué, mais les hommes publics n’ont généralement pas le droit au prénom), preuve s’il en faut que les blogs ont quelque chose à apporter au débat politique, surtout si vous avez du temps devant vous.

Alors, juste pour un aperçu, cliquez ci-dessous pour la 1ere partie (sur 13) de cet entretien...

vendredi 10 novembre 2006

la logique éducnat : pourquoi les profs se feraient-ils payer pour assurer des soutiens qu'ils pourraient faire gratuitement ?

Là, je suis pas certaine d'avoir bien compris la logique de Ségo.

Si ce n'est reprocher aux enseignants de faire ce que toute personne ou presque est aujourd'hui contrainte de faire : travailler pour... gagner sa vie ! A moins bien sûr qu'on ne veuille désormais que des profs bénévoles et/ou rentiers :)

Merci à Patricia...qui ne veut apparemment pas que je vote Ségo !

lundi 06 novembre 2006

La violence à l'école

Août 2006, Le point publie un classement des lycées les plus violents de France. Une démarche qui m’a dérangée par l’effet de stigmatisation qui en résulte mais aussi par la crainte de voir tous nos proviseurs, soucieux que leur établissement ne soit montré du doigt, nier les violences quand elles ont lieu et soutenir, comme ça s’est déjà fait, que se faire traiter de « bouffonne », ce n’est tout de même pas grand-chose !

Octobre 2006, Paul Villach, dans un article publié sur Agoravox (De l’art d’avouer les violences en les niant), nous livre une analyse très intéressante des réactions indignées des milieux éducatifs face à ce classement et des stratégies de défense qu’elles recèlent. Il rappelle très justement que pour l'enseignant, admettre la violence qui lui est faite, c'est prendre le risque d'être qualifié d'incompétent...et de faible.