dimanche 27 mai 2007

Etat_intrieur1_4

mercredi 21 juin 2006

Avantage aux tricheurs

Triche Franck, l’auteur de ce très joli blog, vient de me faire parvenir un article paru hier dans le Tribune de Genève. Dans la série « les coupables sont des victimes », il vaut son pesant d’or.

Cet article soulève également une autre question : qu’est-ce qui va bien pouvoir motiver les injustes à « être justes » s’ils peuvent agir impunément et avec à la clé un avantage sur les justes ? 

vendredi 02 juin 2006

Intolérable tolérance

Tolrance_1 La perspective de voir émerger un parti pro-pédophile aux pays-bas, comme le rapportent ces deux articles du Monde et de Libération, illustre bien ce qu’il en est de la tolérance lorsqu’on néglige d’en définir les limites. Peut-on en effet, au nom de la tolérance, au nom du droit de penser différemment et de l’exprimer, autoriser la création de partis politiques prônant l’abaissement de la majorité sexuelle à 12 ans ? Et si on s’y refuse, au nom de quelle valeur le fait-on ? Est-ce au nom du respect du droit de l’enfant, du respect de sa dignité, de son intégrité ?

C’est ce que de mon côté, j’aurais tendance à penser, et ma pensée n'est pas ici d’une grande originalité : un parti politique ou un mouvement religieux prônant des comportements contraires aux droits de l’homme ne devraient pas être tolérés, pas plus que ne devrait l’être la représentation pornographique d’un enfant de 12 ans, quand bien même cela se ferait « avec son consentement ».

Cela dit, cela m'amuserait bien de savoir combien, parmi ceux-là même qui s’offusquent de la création d’un tel parti, ont réellement le souci de préserver « l’intégrité sexuelle » de leurs enfants. Car en invitant des jeunes de 14 ans, comme j’en parlais dans ce billet, à dormir sous des tentes mixtes, loin du regard d’adultes « responsables », ne fait-on pas la preuve que dans les faits, on plaide soi-même pour la liberté sexuelle des jeunes adolescents ?

vendredi 05 mai 2006

Avis aux femmes belles

Venus_menu A toutes les femmes belles, celles que je connais (elles se reconnaîtront) mais aussi celles que je ne connais pas (il n’y a pas de raison pour qu’elles diffèrent des premières), je voudrais délivrer ce message :

Pourquoi ne vous suffit-il pas simplement d’être belles et montrez-vous ce besoin impérieux qu’à tout instant on vous le rappelle ? Votre beauté n’est-elle pas en elle-même manifeste qu’il faille lui adjoindre un discours redoublant vainement ce qui apparaît déjà de manière éclatante ?

Sans doute attendez-vous que l’on vous témoigne admiration et déférence pour cet avantage dont la nature ou le Dieu vous a généreusement pourvues ? Et vous avez raison tant il est vrai qu’on ne jouit jamais autant d’un avantage qu’en étant assuré que les autres sont bien conscients de ce que l’on a et qu’eux n’ont pas. Pour autant, reconnaissez la cruauté qu’il peut y avoir à aller cueillir et quémander des compliments auprès de celles qui ont l’impression, parfois à tort, d’en recevoir peu.

Sans doute, également, vous a-t-on habituées, dès votre plus jeune âge, à nourrir votre self-esteem de ces compliments sur votre beauté, au point qu’une part importante de vous n’existe plus que dans le reflet que les autres vous en renvoient. Vous donnez ainsi l’impression de puiser votre être dans le regard de ceux qui admirent votre beauté, alors que vous devriez le puiser en vous-même, dans ce que vous êtes essentiellement et qui ne se réduit pas à la beauté de votre corps. Ce faisant, je suis assurée que vous gagneriez encore en beauté, car cela vous délivrerait du ridicule disgracieux qu’il y a à supplier les autres de vous dire, ô miroirs, combien vous êtes les plus belles.

Alors, une fois encore, je vous le répète, « Oui, vous êtes belles, très belles », mais ne serait-il pas temps de passer à autre chose et de penser toutes, fleurs aux mille senteurs, à faire exhaler le parfum de l’esprit ? Parfum propre à chaque être, qui recèle une beauté qui ne passe pas et dont nul ne se lasse.

 

vendredi 28 avril 2006

Agresseur-agressé : le renvoi dos à dos

Une personne est agressée par une autre ; sans qu’elle n’ait rien demandé, elle voit un jour ses droits bafoués. Face à cette injustice, elle s’en va naïvement quérir le soutien de ses semblables afin de rétablir son droit et sa dignité. « Naïvement », car c’est sans compter que dans le monde à l’envers, l’agressé n’est pas l’innocent qu’il voudrait nous faire croire.

C’est ainsi qu’une amie, ayant été agressé sexuellement un soir qu’elle rentrait chez elle, s’est vu demandée par l’agent de police auprès duquel elle déposait sa plainte, si la tenue qu’elle portait ce soir-là était sexy ; qu’une femme harcelée par une de ses collègues multipliant à son encontre les lettres diffamatoires, est soupçonnée par ceux que la couardise ou l’esprit pantouflard a rendu soudain très « impartiaux et objectifs », d’avoir encouragé les accusations mensongères ; qu’un professeur menacé par un élève après lui avoir demandé de quitter le cours qu’il perturbait par des bavardages incessants, est accusé de l’avoir bien cherché (« tu savais quand même bien que c’était le genre d’élèves à ne pas exclure ») ; qu’une entreprise diffamée par un homme politique connu pour harceler ceux qu’il perçoit comme de dangereux opposants se voit reprochée les activités associatives de son PDG ayant eu l’outrecuidance de s’opposer aux projets urbanistiques de son diffamateur. A croire que les victimes aiment les coups ou qu’elles n’ont eu que le châtiment qu’elles méritent.

A chaque fois, on assiste, impuissant, au renvoi dos à dos de l’agresseur et de l’agressé. Car l’agresseur ne l’est que pour avoir été agressé par le comportement « inopportun » de sa victime. Et l’agressé ne l’a été que pour avoir agressé son bourreau. Nous n’avons ainsi plus une victime et un coupable, mais un duel de deux agresseurs-agressés devant partager et assumer à deux la responsabilité de la faute commise on n’ose plus dire par qui.

Cette dérive, qui consiste à faire de la victime un coupable, résulte à mon sens d’une confusion malheureuse entre deux ordres : celui des faits et celui du droit. Dans l’ordre des faits, il est indéniable que le comportement d’un agresseur s’explique en partie par l’attitude de l’agressé, dont il est l’un des effets. L’élève que l’on met à la porte sera poussé à l’agression verbale ou physique pour ne pas perdre la face devant ses copains. Ce qu’il fait en général en claquant violemment la porte de la salle de classe dont il vient d’être exclu. Son comportement, du point de vue des déterminismes de la nature humaine, a pour cause directe (mais ce n’est pas la seule) l’exclusion dont il fait l’objet. Pour autant, cela ne justifie pas ses menaces, pas plus que la tenue sexy d’une femme ne justifie l’agression de celui qui entreprend de la violer. Car dans l’ordre du droit, agresser autrui, qu’il s’agisse de son professeur, d’une inconnue rentrant chez elle, d’une collègue ou d’un opposant politique est illégitime. Vouloir justifier ces agressions en démontant le mécanisme purement causal qui les a produit, c’est refuser à l’homme, ici à l’agresseur, son libre arbitre, c’est le considérer comme un petit animal en proie à des pulsions qu’il serait impuissant à contrôler. C’est également faire preuve de lâcheté vis-à-vis de la victime, en refusant de lui apporter le soutien sans faille qu’elle est en droit d’attendre de la société de ses semblables.   

mardi 11 avril 2006

Le supplice de la calomnie

Calomnie « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ».

Quoi de plus affligeant que la prise de conscience des effets (ou plutôt méfaits) de la calomnie ? Effets d’autant plus grands à l’âge de l’Internet où une calomnie divulguée par la presse se trouve reprise et commentée à l’infini sur l’espace public.

Dans le monde à l’envers, c’est un fait que le faux est souvent plus crédible et plus cru que le vrai. Et vous avez beau crier pour rétablir la vérité, votre désespoir passera pour un énervement suspect, pour un manque de sang froid et d’objectivité. Au fond, on exige que vous subissiez, sans broncher et dans la plus parfaite sérénité, tous les coups portés à votre réputation. Que vous essayiez de vous défendre et que vous le fassiez avec énergie – mais a-t-on jamais vu un homme se défendre avec mollesse ?- et ce sera la preuve que vous êtes bien ce dont on vous aura faussement accusé ! Ceux qui vous crucifient, ainsi que les autres, témoins impuissants, tantôt indifférents tantôt complaisants de votre supplice, ne vous reconnaissent qu’un seul droit : celui de tendre l’autre joue, et « avec le sourire s’il vous plait ».

Ainsi, la souffrance de la calomnie ne naît pas seulement du mal dont on vous accuse faussement, mais également et sans doute plus profondément de l’impuissance dans laquelle elle vous met de défendre votre image et votre dignité.

Le seul espoir : que le temps, ce monstre qui fait et défait, rétablisse le droit et remette ainsi les choses à l’endroit.

vendredi 03 mars 2006

Beurre, argent du beurre, sourire de la crémière...

Frans m'a envoyé ce matin cette contribution à Monde à l'envers...Je vous laisse apprécier et commenter sa position sur "le droit à l'enfant". Car entre le droit d'avoir des enfants et le devoir que l'Etat aurait de vous permettre d'assouvir le désir d'enfant, il y a quand même une différence, que certains, il est vrai, ont quelques difficultés à saisir.
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- Toi, évidemment, avec deux gosses, tu peux partir en vacances ! Mais nous, avec cinq, c'est pas possible...

- Ben oui, mais bon, c'est un choix, nous, on a pensé que plus de deux, c'était une autre façon de vivre...

- Mais j'ai bien le droit d'avoir cinq enfants, on n'est pas en Chine ici !

- Qui a dit le contraire ? Mais il faut assumer après, financièrement et psychologiquement !

- ah, non, les familles nombreuses, il faudrait que l'Etat les aide, pour les études, pour les vacances,...

- Ben non, c'est ton choix, tu savais que ce serait plus difficile ?

- Mais j'ai bien le droit d'avoir cinq enfants!

- Euh, bon, je laisse tomber...

J'ai vraiment l'impression de passer pour un réactionnaire, alors que je me croyais plutôt progressiste; j'ai eu récemment ce genre de discussions avec des amis qui m'ont vraiment dévisagé comme si j'avais dit des propos monstrueux: j'ai toujours pensé que les allocations familiales étaient un choix politique pour favoriser la natalité, et pas une aide systématique aux parents qui avaient choisi d'avoir plusieurs enfants, parce que ça leur plaisait. Et que le fait d'avoir de nombreux enfants impliquait qu'il fallait pouvoir assurer leur avenir, donc avoir les moyens financiers et environnementaux pour le faire; je viens de me rendre compte que j'étais un dangereux égoïste, et que l'idée politiquement correcte était que chacun faisait le nombre d'enfants qu'il voulait et que c'était à la société de les prendre en charge ensuite!

Désolé, mais je reste sur mes positions : faire des enfants est une décision personnelle mais responsable. Ce n'est pas aux autres d'en assumer les conséquences; bien sûr, il faut en tenir compte dans les parts d'imposition par exemple, mais pourquoi la société devrait-elle se cotiser pour aider à l'éducation ou aux loisirs d'enfants qu'on a fait parce qu'on a le droit de les faire ?

Une question me vient à l'esprit : et si je décidais subitement de prendre 2 ou 3 golden retrievers de plus à la maison, parce que ça me plaît, serais-je en droit de demander une aide ménagère à la mairie ?

Par Frans

mercredi 15 février 2006

Encore en vacances !

Quand vous êtes prof, il faut le savoir, ce qu’il y a de mieux, ce sont les vacances. Ce n’est plus un secret pour personne. Environ 15 jours toutes les 6 à 7 semaines, une merveille. Pourtant, et sans doute parce que toute médaille a son revers, il vous faut patiemment supporter, toutes les 6 à 7 semaines, l’étonnement chargé de sous-entendus de ceux qui "travaillent" : « ah, encore en vacances ?! ».

mardi 07 février 2006

"Ca se voit que tu n'as pas d'enfant"

Quand on n’a pas d’enfants, c’est un fait admis pour tous qu’on n’a aucune patience et tolérance envers les enfants d’autrui. Je confirme ! Et cette intolérance confine à l’exaspération quand ces enfants qui ne sont pas les vôtres se servent de votre canapé (une canapé en tissu clair, spécial couple sans enfants) pour faire leurs premiers pas au trampoline et que leur maman, insultée que vous osiez demander à ses petits de descendre du canapé, vous rétorque d'un ton pincé : « ça se voit que tu n’as pas d’enfants ». 

En général, on ne répond rien pour éviter d’envenimer les choses. Pourtant, ce n’est pas l’envie qui manque de répondre à ces mamans aux enfants non élevés : « oui, je n’ai pas de chien non plus. Mais cela m’oblige-t-il à tolérer que le chien de ma voisine......?! » J